Saké chinois vs Saké japonais

Saké chinois
vs
Saké japonais

Le saké chinois : le Meiguilujiu

Aussi appelé Baijiu, il s’agit d’une eau-de-vie à base de riz, originaire de Chine. Titrant entre 50 et 54°, il est servi à température ambiante en guise de digestif. Meiguilujiu veut littéralement dire « alcool de sirop de rose ». Par ailleurs, en 2016, il s’agissait de la liqueur la plus vendue dans le monde, davantage que le whisky, le gin, la vodka, le rhum et la tequila combinés.

En France, il s’agit du fameux saké servi en fin de repas dans les restaurants chinois ou vietnamien. On le sert dans des verres à fond opaque, contenant le dessin d’un homme ou d’une femme nu(e). Si aujourd’hui de nombreux consommateurs associent saké à alcool fort, c’est dû au Baijiu.

Cet alcool a très mauvaise réputation en France. Lorsqu’un client commande cette boisson en fin de repas, c’est bien souvent pour le folklore de la personne nue en fond de verre. Néanmoins, le Meiguilujiu servi en France ressemble plus à un tord boyau qu’à un alcool élégant. Des produits qualitatifs doivent, bien sûr, exister. Cependant, ils ne parviennent que trop rarement sur nos tables européennes.

Le saké japonais : le Nihonshu (日本酒)

le saké japonais est un alcool issu de la fermentation du riz. Au contraire du “saké” chinois, il titre entre 12 et 17% d’alcool et s’apparente, en goût, au vin. De plus, de nombreux sommeliers n’hésitent pas à parler de “vin du Japon” pour qualifier le saké.

Au Japon, demander un saké dans un restaurant peut tourner à la scène insolite. En effet, saké (酒) veut dire alcool en japonais. Demander un saké équivaut à demander de l’alcool dans un restaurant français. Le terme japonais exact est Nihonshu (日本酒), qui veut dire alcool japonais. Par conséquent, pour boire un saké au Japon, il faut commander un Nihonshu.

Il existe de nombreux types de sakés différents, allant de l’élégant et raffiné au puissant et charpenté. Par ailleurs, cette palette de saveurs rend la recherche d’accords mets et sakés passionnante.

Le saké est le fruit d'un travail de longue haleine dans la sakagura ©Les Larmes du Levant
Lutter contre l'amalgame

Le saké chinois et saké japonais affichent des différences flagrantes, pourtant la confusion entre les deux subsiste. Par exemple, lorsqu’un amateur parle de sa dernière émotion avec un saké japonais, il demeure incompris de son public. La majorité des français pense encore que le saké chinois est un alcool fort. Cela s’explique par une méconnaissance de l’univers du saké japonais en France. 

L’origine de cet amalgame entre le saké chinois et saké japonais n’est pas clairement identifié. Cet amalgame est d’autant plus absurde que les chinois eux-mêmes ont une boisson fermentée à base de riz, le huangjiu. D’ailleurs, du fait de ses origines chinoises, le saké japonais pourrait être le descendant du huangjiu.

Si l’incompréhension persiste, comment lutter contre ? Aujourd’hui, la popularité croissante de la gastronomie japonaise offre une place de choix au saké japonais. Longtemps dans l’ombre de son faux frère chinois, il gagne désormais en popularité auprès de sommeliers émérites. Par exemple, les accords mets et saké sont une alternative intéressante au vin sur certains plats jugés difficiles. Par conséquent, c’est par la qualité que le saké séduit le palais exigeant des français.

Plus qu'un nœud à défaire et Kanpai ! ©Dassaï