Envie d'en savoir davantage sur le saké, quels livres s'offrir ?

Par Sakément Bon, le 1er décembre 2020

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Le saké est un thème qui passionne un nombre croissant de personnes. Il y a ceux qui ont une véritable affection pour le saké depuis un voyage un Japon. Par exemple via un saké tour ou dans un izakaya, les occasions de boire un saké ne manquent pas. D’autres, en revanche, s’intéressent à tout ce qui touchent de près ou de loin au Japon. De ce fait, le saké fait partie de leur centre d’intérêt et ils y prêtent une oreille attentive. Enfin, de plus en plus d’amateurs de vins osent sauter le pas de la dégustation du saké et y reviennent.

Peu importe comment les personnes viennent à la rencontre du saké. Néanmoins, elles partagent presque toutes une même envie : y revenir, aussi vite que possible. Cependant, les nombreux termes japonais bloquent de nombreux amoureux du saké, qui se contentent d’une première fois réussie. C’est dans le but d’aider ces personnes à retrouver ce même plaisir que Sakément Bon a vu le jour, conscient du frein psychologique souvent éprouvé.

Toutefois, pour celles et ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances, il existe un panel de livres, en français et en anglais. Certains sont courts, concis et pédagogiques, d’autres plus complets, denses et font office de référence dans l’univers du saké.

Bientôt une tonne de livres sur le saké en français ?

En français

La référence : Nihonshu, le saké japonais de Gautier Roussille

Si nous devions n’en retenir qu’un, il s’agirait certainement de Nihonshu, le saké japonais écrit par Gautier Roussille. TOUT, ou presque, sur le saké y est écrit, avec une précision d’orfèvre. Vous cherchez des renseignements sur les températures de préparation du moromi lors de la production d’un ginjô ? Vous souhaitez en savoir davantage sur la consommation du saké à l’ère des samouraï ? Vous désirez connaître avec détail l’ensemble des variétés de riz à saké existantes ?

Toutes les réponses à vos questions seront consignées dans ce livre. Cet ouvrage est un véritable bijou pour tout amateur de saké. Toutefois, il a pour seul défaut ses qualités. En effet, il peut faire peur à de nombreux néophytes, déroutés par la quantité d’informations dont regorge ce livre. Par ailleurs, on peut par moments trouver sa lecture difficile, l’écriture étant parfois lourde.

Cependant, ces légers défauts n’enlèvent rien aux qualités du livre, qui ravira tout amateur averti de saké. En revanche, les débutants risquent d’être noyés par la masse d’informations, d’autres livres plus accessibles existant par ailleurs. 

Préparez-vous à passer de nombreuses heures à côté de votre cheminée à feuilleter ce petit bijou !

Nihonshu, le saké japonais de Gautier Rousille, 262 pages, 20€

Nihonshu, le saké japonais
Cocorico ! L'un des meilleurs ouvrages au monde sur le saké est français !
Pour débutants : Les secrets du saké écrit par Siméon Molard

Plus accessible que le précédent, Les secrets du saké a été pensé pour les débutants. Il s’articule autour de 25 secrets, eux-mêmes divisés en plusieurs sous-parties. Par exemple, le secret n°3 “Quels sont les ingrédients pour faire du saké japonais ?” est décomposé en 4 sous-parties, constituées d’une dizaine de lignes tout au plus. À la fin de l’ouvrage se trouve une liste de mots japonais, liés à l’univers du saké, traduits en français.

Toute personne souhaitant débuter son initiation au saké a raison de se jeter sur ce livre. Clair, concis, il distille avec aisance l’ensemble des concepts ayant trait au saké. L’auteur débute son oeuvre par des questions générales, tels que “le saké est-il un alcool fort ?” ou “que veut dire le terme saké ?”. Par ailleurs, au fil de la lecture, les sujets abordés deviennent plus précis, allant jusqu’à expliquer ce qu’est le seimaibuai et la fermentation multiple parallèle lors de la préparation du moromi. Toutefois, la plume légère et digeste permet au lecteur néophyte de parcourir toutes ces thématiques sans mal.

Cet ouvrage est parfait pour les curieux en tout genre : fan de la culture et gastronomie japonaise, amateurs de vin qui souhaite faire voyager son palais et ses connaissances, amateur de saké qui souhaite développer ses compétences,… Il n’y a rien à reprocher au livre qui parvient avec maestria à son objectif, à savoir expliquer avec des mots simples ce qu’est le saké. Ce livre est toujours une grande source d’inspiration pour Sakément Bon du point de vue de l’approche.

Les secrets du saké, par Siméon Molard, 123 pages, 11€50

Les secrets du saké
Vous passerez un grand moment à la lecture des Secrets du Saké

En anglais

The Saké Handbook de John Gauntner, pour connaître les plus grands sakés du Japon

Le Japon considère John Gauntner comme le non-japonais ayant le plus de connaissances à propos du saké au monde. Sa parole est écoutée même au Japon, où ses conseils guident de nombreuses sakagura, notamment pour conquérir le marché occidental. Il a rédigé durant 8 ans, de 1994 à 2002, la rubrique Nihonshu du célèbre journal Japan Times. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le saké, dont The Saké Handbook, et manage son propre blog sur le saké. Tenir l’un de ses ouvrages dans les mains est la certitude d’en apprendre davantage sur le saké.

The Saké Handbook est, à l’instar du livre précédent, un très bon moyen de débuter son apprentissage. Le livre est décomposé en trois parties :

  • Une première partie théorique , où l’on en apprend davantage sur les moyens de production du saké, les paramètres importants à regarder, comment procéder à la dégustation du saké,…,
  • Par ailleurs, la seconde partie aborde une liste de sakés recommandés par l’auteur pour parfaire son apprentissage. On y retrouve les sakés les plus renommés telles que Dassaï, Kokuryu, Jûyondai, Hakkaisan et d’autres moins connues,
  • Enfin, la troisième partie se consacre à énumérer les lieux au Japon où l’on vend et sert du saké. Cette liste vient aider le consommateur à trouver un lieu où consommer du saké, car il est souvent difficile d’y parvenir sans parler japonais.

Lors de la lecture, il n’y a aucune anicroche. Presque tout est bien expliqué, même si les concepts les plus précis peuvent rester obscurs. Par ailleurs, il contient lui aussi un glossaire expliquant en anglais certains mots japonais liés à l’univers du saké.

Néanmoins, les explications semblent moins fluides que celles distillées par “Les Secrets du Saké” de Siméon Molard. Néanmoins, The Saké Handbook présente l’avantage de lister un certain nombre de sakés et de points de vente au Japon. De ce fait, il constitue un achat indispensable avant tout voyage au pays du soleil levant.

The Saké Handbook, John Gauntner, 247 pages, 15€

The Saké Handbook
Le guide ultime du saké lover lors d'un voyage au Japon
Pour se plonger dans l'Histoire : Saké, de Hiroichi Akiyama

Enfin un ouvrage japonais dans cette liste ! Son titre exact est : Saké, The Essence of 2000 Years of Japanese Wasdom gained from Brewing Alcoholic Beverages from Rice. Soit, en français, l’Essence de 2000 ans de Sagesse Japonaise gagnées par le Brassage de Boissons Alcoolisées issues du Riz. 

Écrit pour le compte de la Brewing Society of Japan, ce livre a pour volonté de retracer l’Histoire du saké, de ses instants les plus primitifs à nos jours. De plus, cet ouvrage apporte des éclaircissements techniques sur les méthodes de production du saké ainsi que sur les éléments – eau, kôji, riz – qui le constitue. Détaillé, il manque cependant de clarté par moments, surtout lorsqu’il aborde les points plus techniques.

Le véritable point fort du livre se situe dans la masse d’informations relatives à l’Histoire du saké. Par exemple, il est parsemé de nombreuses anecdotes, telles que l’histoire du serpent démoniaque à huit têtes. De plus, l’évolution du saké est mise en parallèle avec les progrès de la Chine quant aux techniques de brassage de leur propre boisson fermentaire. Cette comparaison permet de mieux comprendre comment les japonais se sont différenciés des chinois pour produire du saké. Mais aussi de garder à l’esprit que la confusion saké japonais vs saké chinois que l’on fait en Occident est ridicule. En effet, les chinois possèdent, eux aussi, un alcool de fermentation comparable au saké japonais. De ce fait, pourquoi appeler “saké” ce fameux tord-boyau servi à la fin d’un repas asiatique ???

Par ailleurs, le livre fait la part belle aux acteurs de l’univers du saké, en décrivant les rôles du tôji, du kuramoto ou encore des instituts de recherche japonais sur les techniques de brassage. L’auteur consacre tout un chapitre aux acteurs du saké japonais, de la production à la vente et la dégustation du saké. Par exemple, on y apprend que le Japon a cette volonté de propager la culture du saké dans le monde, grâce à la modernisation de ses méthodes de vente.

En conclusion, c’est un ouvrage adapté à l’amateur qui souhaite mieux comprendre ce qui fait l’essence même du saké, au travers ses origines. Par ailleurs, les informations relatives aux acteurs du saké japonais sont claires et permettent de mieux apprécier certains pans de la mentalité japonaise. Néanmoins, le lecteur qui souhaite un ouvrage technique va jeter son dévolu sur Nihonshu, le saké japonais de Gautier Roussille.

Saké, The Essence of 2000 Years of Japanese Wasdom gained from Brewing Alcoholic Beverages from Rice, Hiroichi Akiyama, 204 pages, format A4, 35€.

Saké the essence of 2000 years of japanese wisdom gained from brewing alcoholic beverages from rice
Malheureusement, ce livre est difficilement trouvable en France