Kura Master, une grande réussite malgré les conditions sanitaires difficiles

Par Sakément Bon, le 08 septembre 2020

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La situation sanitaire n’a pas eu raison du concours des sakés japonais Kura Master, pour notre plus grand plaisir. Organisé de main de maître, l’événement a tenu toutes ses promesses. Malgré un programme chargé, l’ensemble des participants a pu profiter d’une organisation millimétrée, sans failles. 2020 est, pour Kura Master, une grande réussite. 

Plus de 850 sakés pour 60 dégustateurs

Le programme de ce 31 août était pourtant chargé avec plus de 850 sakés à déguster, pour un effectif de 60 dégustateurs. Les conditions sanitaires ont obligé les organisateurs à diminuer de 50% les effectifs du jury, malgré une augmentation du nombre de sakés de près de 20%. 

Le réveil était matinal puisque l’accueil débutait à 8 heures pétantes avec un pot d’accueil des jurés. Au programme, cafés de grande qualité servis par l’Arbre à Café, madeleines et premières dégustations autour du saké. 

De bon matin, l'ambiance est studieuse, avec le plus grand respect des gestes barrières

Dès 8 heures 30, le président du jury, Xavier THUIZAT, démarrait son discours inaugural. Par ailleurs, il a tenu à rendre un hommage vibrant à Kyûshû qui, en début d’année, a connu un terrible épisode de pluies où de nombreuses personnes sont décédées. Un discours concis, mais au message clair qui est venu lancer le concours sur de très bonnes bases.

Les dégustations commençaient à 8 heures 45 pour, en tout, 3 séries de 10 sakés à réaliser en 1h30. Néanmoins, malgré ce timing très serré, les jurés prenaient le temps de bien analyser chaque saké en face de soi, avec en prime quelques discussions animées. Après une courte pause, les jurés enchaînaient par une deuxième vague de 3 séries de 10 sakés avant un repas bien mérité.

Kura Master - Planning de la journée
Le planning, très serré, de la journée

Un timing serré, mais de grands moments vécus

Chaque table se composait de quatre dégustateurs avec un chef de table. L’organisation demandait à chaque juré d’évaluer, via des cases à cocher :

  • la couleur du saké ainsi que la vitesse d’écoulement des larmes,
  • les catégories d’arômes présentes au nez,
  • la texture en bouche ainsi que les arômes de rétro-olfaction.

La dégustation du saké, ainsi faite, permettait d’attribuer jusqu’à 80 points par saké. Les 20 points restants étaient une synthèse de la qualité du saké, pour finalement attribuer une note sur 100. Certaines sakagura souhaitaient un commentaire de dégustation plus détaillé, dans une quête d’amélioration constante. Ces sakés, soulignés en jaune, demandaient davantage de travail au chef de table qui, dans un temps record, devait écrire un compte-rendu de dégustation pointu.

Cette année, Kura Master décidait de mettre en place trois nouvelles catégories, liées aux variétés de riz à saké : Yamadanishiki, Omachi et Dewasansan. Les traditionnelles catégories Junmai, Junmai Daiginjô et Sparkling restaient, elles, de la partie.

Une fois ces six séries terminées, les jurés, épuisés par tant de dégustations, se rassasiaient autour d’un succulent repas japonais mis à disposition par l’organisation. Toutefois, cette pause repas était de courte durée pour les chefs de tables qui, à presque 14 heures, se réunissaient une dernière fois. L’objectif était de juger une seconde fois les meilleurs sakés de chaque table pour décerner les fameux prix du Kura Master. 

Les chefs de table, réunis autour des meilleurs sakés de Kura Master 2020

La conférence de Richard GEOFFROY, de Dom Pérignon à IWA

La journée se ponctuait par deux discours et une conférence. En premier lieu, Monsieur IWATA, représentant de JFOODO Paris elle-même chapeautée par JETRO, venait féliciter l’ensemble du juré. Il a, par ailleurs, appelé à continuer la mobilisation autour du saké, rappelant le gap important entre l’importation de saké en France – 2,5 M€ – et l’importation de vin français au Japon – 800 M€. Par la suite, Philippe FAURE-BRAC, meilleur sommelier du monde, apportait sa touche au concours en félicitant l’organisation. 

Enfin, la conférence de Richard GEOFFROY avait pour but de présenter son saké IWA aux professionnels, en exclusivité mondiale. Ancien directeur des caves du fameux Champagne Dom Pérignon, il s’est donné pour objectif d’être l’ambassadeur d’un saké de luxe, considérant à juste titre que le saké n’était pas considérée à sa juste valeur en France. Ses propos tenaient en haleine son auditoire et suscitaient de vifs débats quant à sa vision du saké. Volontairement provocateur, mais toujours fin communiquant, il exposait son savoir sur le saké et contait comment son expérience chez Dom Pérignon l’aiderait à révolutionner l’univers du saké japonais et mondial. Pour lui, le saké “n’est pas assez cher” et “nécessite un marketing bien plus poussé”.

La journée s’achevait par un discours de clôture de Xavier THUIZAT, remerciant l’ensemble de l’organisation et des participants. Un repos des papilles bien mérité attendait l’ensemble des jurés. Cette expérience, bien qu’éprouvante, méritait le détour. Merci encore !

Les tables des jurés